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Hommages

Catherine Deneuve


(Actrice)


Elle est plus qu’une comédienne, elle est « la » comédienne française par définition, symbole international d’élégance, de liberté, d’audace aussi, à travers ses choix de films et de cinéastes. André Téchiné, le metteur en scène qui a le plus tourné avec elle, aime souligner sa part de mystère : « Catherine Deneuve me fascine, car c’est un Sphinx. Nous avons fait sept films ensemble et pourtant, à mes yeux, une partie d’elle-même demeure insaisissable. » L’aura de Catherine Deneuve, sa pérennité, passe par son appétit pour tous les cinémas : révélée avec Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Palme d’Or à Cannes 1964, elle enchaîne avec Roman Polanski (Répulsion), Michel Deville (Benjamin ou les mémoires d’un puceau), François Truffaut (La Sirène du Mississippi). Elle est à la fois la bourgeoise qui se prostitue chez Bunuel (Belle de jour) et la princesse de Peau d’âne chez Demy. Elle conclut la carrière de Melville (Un flic) et étrenne celle de Jean-Paul Rappeneau (La Vie de château). « Ma grande chance, analyse-t-elle, ça a été de tourner très jeune avec de grands metteurs en scène. Je n’avais pas vingt ans quand j’ai rencontré Demy. Plus tard, j’ai écrit à Lars von Trier pour lui dire que j’aimerais beaucoup travailler avec lui. Voilà comment je me suis retrouvée à tourner une comédie musicale avec Bjork, Dancer in the dark. Le grand paradoxe, c’est que, souvent, les rôles qui m’ont le plus séduite n’étaient pas a priori pour moi. »

A chaque décennie, elle fascine et aimante de nouvelles générations d’auteurs, elle se réinvente à leur contact : les années soixante-dix lui amènent Ferreri, Risi, Claude Lelouch, les années quatre-vingt André Téchiné, Alain Corneau, François Dupeyron, les années quatre-vingt-dix Régis Wargnier, Raoul Ruiz, Nicole Garcia. A la charnière du nouveau siècle, elle est sollicitée par des metteurs en scène du nouveau monde, dont les vocations sont nées de ses propres films : François Ozon, Christophe Honoré, Emmanuelle Bercot, Pierre Salvadori, Thierry Klifa, Arnaud Desplechin. « J’ai découvert Belle de jour à la télévision à neuf ans, explique le réalisateur Gaël Morel, qui l’a dirigée dans Après lui. Mon amour du cinéma est vraiment né de là. Si Catherine savait l’importance qu’elle avait eu pour moi comme actrice, elle ignorait, en revanche, son influence sur le cinéaste que je suis devenu. » La musique représente enfin un axe essentiel de sa filmographie. Très vite, elle s’affranchit du doublage imposé par le binôme Demy-Legrand pour interpréter elle-même les chansons que lui destinent Karl-Heinz Schäfer, Vladimir Cosma, Serge Gainsbourg ou, plus récemment, Alex Beaupain.

Du Dernier métro à Potiche, Catherine Deneuve est une ambassadrice de la diversité du cinéma français, l’une de ses icônes intemporelles, au-delà des chapelles et des générations. Elle réfute le terme de « grande dame », trop lourd à porter, en contradiction avec son goût pour l’aventure et les sentiers inédits. Le Festival de Cinéma et Musique de Film est honoré de lui rendre hommage, à l’occasion de la sortie de Tout nous sépare, troisième jalon de sa collaboration avec Thierry Klifa. Ce sera surtout l’occasion de saluer une comédienne éblouissante et une femme libre, toujours soucieuse de rêver en avant.


Stéphane Lerouge

Vladimir Cosma


(Compositeur, violoniste, chef d’orchestre)


Son écriture a marqué d’une griffe indélébile la comédie à la française : nous avons tous en mémoire ses mélodies chantantes, embuées de souriante nostalgie, reflets d’un cinéma de genre aujourd’hui évanoui. Né à Bucarest en 1940, Vladimir Cosma est le fils de Teodor Cosma, pianiste et chef d’orchestre réputé en Roumanie. Passionné de jazz et de folklores, élève aux Conservatoires de Bucarest puis de Paris, Vladimir Cosma arrive en France en 1962, devient pendant cinq ans l’assistant de Michel Legrand qui lui présente Yves Robert. Ce dernier lui confie la musique d’Alexandre le bienheureux qui fait forte impression : sa carrière est lancée. Plus ou moins consciemment, Cosma casse le moule du burlesque musical, jusqu’alors routine du cinéma comique hexagonal. « Les gags doivent être l’affaire du metteur en scène et des auteurs, pas du compositeur » souligne-t-il. La marque de Vladimir Cosma, c’est d’apporter aux comédies un état supplémentaire, souvent poétique, une sorte de contrepoint sentimental ou lyrique, selon la voie ouverte par Henry Mancini chez Blake Edwards. Une inspiration « mélancomique », pour reprendre le mot de Jean-Loup Dabadie.



Cette démarche prend sa pleine dimension dans les films d’Yves Robert, son père de cinéma (treize longs-métrages partagés entre 1968 et 1994). Cosma y développe un concept original, unique dans le contexte du cinéma français : personnaliser chaque film par le timbre d’un instrument soliste. D’où l’harmonica de Salut l’artiste, la guitare sèche de Courage fuyons, la trompette du Jumeau, le sax soprano du Bal des casse-pieds, le quintet de saxophones de Nous irons tous au paradis ou, bien sûr, la flûte de pan du Grand blond avec une chaussure noire, point de départ de cette fructueuse recherche instrumentale. Le succès musical du Grand blond sacre et consacre la signature de Cosma et l’amène à composer pour toutes les familles de la comédie, du « nouveau naturel » à la Pascal Thomas (Les Zozos, Le Chaud lapin) aux courses-poursuites de Gérard Oury (Les Aventures de Rabbi Jacob, L’As des as), en passant par Claude Zidi, Francis Veber, Gérard Lauzier, Jean-Marie Poiré. Son écriture est également indissociable du personnage comique créé par Pierre Richard, aussi bien dans les films mis en scène par Richard lui-même (Le Distrait, Les Malheurs d’Alfred) que par d’autres cinéastes (La Moutarde me monte au nez, Le Jouet, Le Coup du parapluie, La Chèvre, Un profil pour deux).

A l’aube des années quatre-vingt, Vladimir Cosma s’impose comme compositeur de chansons avec les Boums de Claude Pinoteau, dont les slows (Reality puis Your eyes) caracolent en tête des hits-parades, français et internationaux. Dans un autre registre, il prouve l’étendue de sa palette expressive avec Diva de Jean-Jacques Beineix, sans oublier des incursions réussies dans le thriller (La Septième cible), le drame psychologique (La Dérobade), les séries télévisées à caractère patrimonial (Michel Strogoff, La Chambre des dames) ou les grandes sagas estivales (Les Cœurs brûlés, L’Amour en héritage). Ces dernières années, Cosma a également signé deux concertos, une cantate, un opéra (Marius et Fanny) et s’est lancé dans une série de concerts, où il dirige des suites symphoniques de ses partitions-phares. On y retrouve ce qui fait l’élégance d’une écriture à la première personne : sens de la mélodie, du gimmick, sophistication de l’orchestration, humour voilé de mélancolie... Son concert à La Baule confirmera une évidence : la musique de Vladimir Cosma représente à elle seule un pan entier de la mémoire collective.



Stéphane Lerouge

Rémy Julienne


Avec plus de 1400 films à son actif (!) et une carrière internationale qui en ferait réver plus d’un, il est considéré comme « le plus grand cascadeur du cinéma français » et l’un des plus grands cascadeurs au monde.


Il débute sa carrière dans le film « Fantômas » en 1964 aux côtés de Louis de Funès. Il retrouvera « l’acteur préféré des français » dans « La Grande Vadrouille », « Les Aventures de Rabbi Jacob » « L’Aile ou la cuisse » et la série des « Gendarmes de Saint-Tropez ». On l’associe souvent aussi à Jean-Paul Belmondo, « son ami de toujours », aux côtés duquel il tourne dans d’autres grosses productions françaises comme « L’As des as », « Le Cerveau », « Flic ou voyou », « Le Marginal », « Le Professionnel », « Le Guignolo », « Joyeuses Pâques », « Une chance sur deux », pour lesquelles il regle les cascades.


Les grands studios hollywoodiens et anglais font aussi appel à lui pour de nombreux films de James Bond : « Dangereusement vôtre », « Octopussy », « Rien que pour vos yeux », « Permis de tuer », « Tuer n’est pas jouer » et « GoldenEye ». Ce qui fera souvent dire que le véritable James Bond, c’est lui !


On lui doit également les cascades d’autres grandes productions internationales telles que « French Connection 2 » et « Ronin » de John Frankenheimer, « Il était une fois en amérique » de Sergio Leone, « Frantic » de Roman Polanski, « Les Associés » de John Woo » ou « Da Vinci Code » de Ron Howard.


Il est aussi le concepteur, en 2002, de l’attraction phare du Parc Disneyland Paris : « Moteurs, Action ! ». Depuis 2005 le spectacle est reproduit de manière identique en Floride au Disney-MGM Studios.


Rémy Julienne recevra un Ibis d’Or d’Honneur, récompensant l’ensemble de sa carrière, lors de la Cérémonie d’Ouverture du Festival, le Mercredi 8 novembre, au Palais des congrès de La Baule Atlantia. Il rencontrera aussi le public le Jeudi 9 novembre à 17h au Cinéma Le Gulf Stream pour une Master Class.

Melville et la musique



En 2017, Jean-Pierre Melville aurait eu cent ans. Depuis sa disparition en 1973, le cinéaste du Samouraï n’a cessé de voir son aura s’amplifier, fasciner de nouvelles générations de metteurs en scène, de Tarantino à John Woo. Il y a pourtant un aspect de son cinéma qui reste sous-estimé : son rapport complexe à la musique. C’était souvent une étape que Melville vivait douloureusement. Mélomane sans être musicien, il avait l’impression d’abandonner une part de création, décisive, à un intervenant extérieur. Dans l’absolu, comme Chaplin, il aurait rêvé pouvoir composer la musique de ses films, pour être certain d’obtenir le résultat le plus conforme à ses attentes.

D’où un itinéraire musical en montagnes russes : à chaque film, ou presque, Melville étrenne un nouveau compositeur, qu’il tente d’infléchir à son univers, sans hésiter à jouer de son autorité naturelle. Par exemple, il impose régulièrement le principe de l’harmonica soliste, fil rouge reliant plusieurs partitions (“Deux hommes dans Manhattan”, “Léon Morin prêtre”, “L’Aîné des Ferchaux”). Fan d’Isabelle Aubret, il essaie en vain de convaincre Eric Demarsan d’utiliser la chanteuse au générique du “Cercle rouge”, idée qu’il recycle auprès de Michel Colombier sur “Un flic”, son dernier opus. Pour schématiser, la relation est plus facile avec des jeunes talents en pleine éclosion (Martial Solal, François de Roubaix, Eric Demarsan) qu’avec des compositeurs plus installé, plus aguerris, comme Paul Misraki ou Georges Delerue.

Le point de non-retour est atteint avec John Lewis ou Michel Legrand, dont Melville, véritable ogre à musiciens, rejette violemment les partitions respectives pour “Le Deuxième souffle” et “Le Cercle rouge”, leur rapproche d’avoir davantage pensé disque que film. Et puis, il y a un mouvement inéluctable qui sous-tend le cinéma de Melville : la description du milieu des truands, de son folklore, de la place Pigalle, s’effacent au profit d’un glissement vers l’abstraction. Même chose pour la musique : avec “Deux hommes dans Manhattan”, on est dans l’incarnation de la série noire de tradition ; avec “Le Samouraï”, huit ans plus tard, on est dans l’épure.



Pour nous parler de ce rapport passionnel et paradoxal à la musique, le Festival de La Baule est heureux d’accueillir deux grands ambassadeurs melvilliens : Rémy Grumbach, réalisateur de télévision et neveu de Melville ; Eric Demarsan, le seul, l’unique compositeur à avoir composé deux bandes originales complètes pour le cinéaste, “L’Armée des ombres et “Le Cercle rouge” (Master Class, Vendredi 10 novembre à 18h au Gulf Stream).


Stéphane Lerouge

Le Cinéma Positif


Depuis 2 ans la fondation Positive Planet, présidée par Jacques Attali, organise durant le Festival de Cannes, « La Semaine du Cinéma Positif ». Ce nouveau rendez-vous du cinéma en France, auquel s’associe le Festival de La Baule, a pour objectif de mettre en valeur le travail de réalisateurs engagés, lanceurs d’alertes, qui s’évertuent à éveiller les consciences et inspirent ainsi les générations futures.

Cette année, le Festival du Film de La Baule a décidé de mettre l’accent sur ce genre de « Cinéma Positif » via la séléction de plusieurs films en avant-première comme « La Mélodie » de Rachid Hami, « Le Brio » de Yvan Attal, « M » de Sara Forestier, « Fractures » de Harry Roselmack, « Beach Rats » de Eliza Hittman, « Gook » de Justin Chon, « Favela Vargas » de Catherine Gund et d’Aresha Kyi ou encore « The Full Monthy » de Peter Cattaneo et « La Dernière leçon » de Pascale Pouzadoux.



Rencontre avec Jacques Attali
le Samedi 11 novembre
à 17h au cinéma le Gulf Stream


« Le cinéma est un art majeur. Chaque film est une création qui vise à émouvoir, à divertir mais aussi, parfois, à faire prendre conscience aux spectateurs de tel ou tel sujet qui nous concerne. Le cinéma positif est le cinéma qui se met au service des générations futures pour proposer des solutions et éveiller les consciences, directement ou indirectement, sur les menaces et les promesses auxquelles sera confrontée l’humanité. Il ne met pas seulement en lumière : il a pour vocation de donner envie de se prendre en main.
Le cinéma positif n’est jamais un film de propagande. C’est une manière de révéler les problèmes sociaux, et un moyen d’alerter sur les problématiques globales du monde.
Au sein d’une société de plus en plus confrontée à des questions sur l’immigration, sur les droits de l’homme, et à une transition énergétique préoccupante, la Fondation Positive Planet est convaincue qu’il n’a jamais été aussi nécessaire de célébrer le cinéma qui inspire un changement vers un avenir plus positif. »


Jacques Attali
Président de Positive Planet
Fondateur de La Semaine du Cinéma Positif